Actualité du 10/03/2026

Des étudiants en architecture imaginent l’avenir du territoire de la Pieve de l’Ornano et du Taravo

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La Communauté de communes de la Pieve de l’Ornano et du Taravo accueille les étudiants de l’ENSA Clermont-Ferrand pour imaginer l’avenir de plusieurs communes du territoire.

Le vendredi 27 février, notre communauté de communes a accueilli la restitution publique du travail mené par les étudiants de l’École nationale supérieure d’architecture de Clermont-Ferrand (ENSA Clermont).

Invités dans le cadre d’un partenariat porté par la Maison de l’Architecture de Corse, les étudiants ont présenté leurs analyses et leurs propositions devant plusieurs élus du territoire, des professionnels et des habitants venus assister à cette rencontre d’échanges et de réflexion autour de l’aménagement et de l’avenir de nos communes.

Cette collaboration s’inscrit pleinement dans la volonté de la Communauté de communes de soutenir les initiatives qui contribuent à penser l’évolution du territoire, en particulier lorsqu’elles apportent un regard extérieur et innovant sur les enjeux locaux.

Un regard neuf sur les défis de la ruralité

Spécialisée dans les problématiques d’architecture et d’aménagement en milieu rural, l’École nationale supérieure d’architecture de Clermont-Ferrand a proposé aux étudiants de travailler sur plusieurs communes du territoire. Leur réflexion a porté sur les liens entre architecture, paysage, agriculture et adaptation au changement climatique et à l’histoire de notre territoire.

À travers leurs travaux, les étudiants ont exploré plusieurs questions structurantes pour l’avenir du territoire :

  • comment réparer ou améliorer certains aménagements urbains, notamment face à l’imperméabilisation des sols ;
  • comment mieux articuler espaces naturels, agricoles et urbanisés ;
  • comment préserver les ressources et les milieux vivants tout en maintenant une économie locale dynamique ;
  • comment imaginer des politiques d’aménagement capables d’intégrer des actions à court et à long terme.

Ces réflexions s’appuient sur une analyse fine du territoire et proposent des pistes d’action mêlant architecture, urbanisme, paysage et mobilités.

Pour la Communauté de communes, ce type de démarche constitue une opportunité précieuse. L’arrivée d’étudiants venus d’autres territoires apporte un regard neuf sur des problématiques que les élus et les acteurs locaux connaissent bien, mais qui peuvent bénéficier de cette capacité d’analyse et d’imagination propre au monde universitaire et à une jeunesse ambitieuse.

Quatre communes étudiées

Les étudiants ont développé leurs travaux à partir de quatre communes présentant chacune des caractéristiques et des enjeux différents : Sainte-Marie-Siché, Coti-Chiavari, Serra-di-Ferro et Porticcio.

Sainte-Marie-Siché : redonner vie au patrimoine vacant

À Sainte-Marie-Siché, les étudiants se sont intéressés à la question du patrimoine bâti aujourd’hui inoccupé et à son potentiel pour revitaliser le cœur de village.

Leur étude s’est notamment concentrée sur l’ancien tribunal, aujourd’hui en grande partie abandonné. Autrefois central dans la vie administrative et institutionnelle du territoire, ce bâtiment pourrait devenir un nouveau pôle de services et de vie locale.

Les hypothèses proposées envisagent notamment :

  • la création d’un pôle médical et petite enfance (maison d’assistantes maternelles, accueil périscolaire, espace pour professionnels de santé) ;
  • la réhabilitation de logements existants, notamment sous forme de colocation pour personnes âgées ;
  • la création d’ateliers d’artisans dédiés au réemploi, à la réparation et aux activités locales.

Au-delà du cas particulier de Sainte-Marie-Siché, cette réflexion interroge plus largement la manière dont les villages de montagne et de moyenne montagne peuvent valoriser leur patrimoine existant pour maintenir une vie locale dynamique.

Coti-Chiavari : reconnecter agriculture, paysage et vie villageoise

À Coti-Chiavari, la réflexion des étudiants s’est appuyée sur l’histoire agricole du territoire et sur l’identité paysagère du village, situé entre mer et montagne.

Leur projet propose de redonner une place centrale aux cultures en terrasses, qui constituent un élément fort du paysage et du patrimoine local. Cette réactivation de l’agriculture serait accompagnée d’une revalorisation du bâti existant et d’une réorganisation des espaces publics.

Les propositions incluent notamment :

  • la création de logements permanents et saisonniers ;
  • l’aménagement d’un parc urbain ;
  • la création d’une salle polyvalente accueillant différents usages ;
  • le développement de commerces de proximité ;
  • une réflexion sur les mobilités et l’organisation des espaces publics.

L’objectif est de recréer des lieux de vie et de rencontre tout en valorisant l’identité paysagère et agricole du territoire.

Porticcio : repenser les mobilités et l’équilibre entre tourisme et environnement

À Porticcio, les étudiants se sont penchés sur plusieurs enjeux structurants liés à l’évolution de cette station balnéaire majeure du golfe d’Ajaccio : la place de la voiture dans l’espace public, la pression touristique sur les écosystèmes, les risques d’inondation et de submersion marine, ou encore les interactions entre paysages et usages.

Marquée par une forte saisonnalité et par un développement urbain progressif au fil des décennies, l’agglomération de Porticcio pose aujourd’hui la question de l’adaptation de son aménagement face aux enjeux climatiques et environnementaux. Les étudiants ont ainsi proposé une réflexion globale autour d’un principe simple : préserver, réparer et parfois déconstruire pour mieux reconstruire, afin de concilier résilience environnementale et développement du territoire.

Parmi les pistes explorées figure notamment la requalification des espaces publics et de la place accordée à la voiture. Les étudiants envisagent par exemple la création d’un parking silo à l’entrée de la station, permettant de réduire l’emprise des parkings en surface et de libérer des espaces aujourd’hui imperméabilisés.

Cette transformation pourrait également permettre de redonner une place au ruisseau aujourd’hui enterré, afin de renforcer les continuités écologiques et paysagères. La place du marché pourrait également être repensée pour accueillir à la fois les usages quotidiens et différents événements.

La réflexion s’est aussi concentrée sur le secteur de l’office de tourisme, considéré comme un nœud stratégique pour les mobilités et les usages. Les étudiants imaginent que ce site puisse accueillir :

  • un centre de recherche sur la biodiversité marine, associé à une zone de protection du golfe d’Ajaccio ;
  • des logements destinés aux travailleurs saisonniers et aux chercheurs ;
  • une halle multifonctionnelle ouverte à différents usages ;
  • l’office de tourisme, maintenu dans ce nouvel ensemble.

Serra-di-Ferro : anticiper les évolutions du littoral

Le dernier site étudié par les étudiants concerne la commune de Serra-di-Ferro et plus particulièrement le hameau littoral de Porto-Pollo.

Situé à la croisée de différents milieux paysagers et reconnu pour son activité agricole, notamment dans les domaines de l’élevage et de la viticulture, ce secteur s’est fortement développé autour du tourisme balnéaire. Cette dynamique a entraîné une forte saisonnalité dans l’occupation du territoire et pose aujourd’hui plusieurs questions majeures : adaptation au risque de submersion marine, préservation du littoral, accès au rivage pour tous et équilibre entre activité touristique et vie locale.

Les étudiants ont ainsi travaillé sur l’avenir de certaines zones urbanisées exposées aux effets du changement climatique.

Leur réflexion s’est notamment portée sur le secteur comprenant la supérette, une grande zone de stationnement et plusieurs établissements hôteliers.

Ils proposent plusieurs orientations pour recomposer cet espace :

  • déconstruire certains aménagements existants afin de recréer des continuités paysagères entre la route et le rivage ;
  • réaménager les espaces publics et partager la voirie avec des cheminements doux ;
  • créer de nouveaux logements permanents et saisonniers en réinvestissant des bâtiments existants et en densifiant des espaces déjà artificialisés ;
  • anticiper la montée des eaux en installant certains commerces à l’étage supérieur des bâtiments ;
  • préserver les locaux liés aux activités maritimes et balnéaires qui participent à l’identité du site.

Une réflexion qui se poursuivra dans les mois à venir

Les projets réalisés par les étudiants sur les différents sites étudiés feront l’objet d’une diffusion auprès des élus et de la population dans les prochains mois.

Pour la Communauté de communes de la Pieve de l’Ornano et du Taravo, cette initiative illustre l’importance du dialogue entre territoires et monde universitaire. En croisant les expertises et les regards, ces travaux permettent d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion pour imaginer l’avenir du territoire et accompagner les transitions auxquelles il est confronté.

Notre collectivité se félicite d’avoir pu accueillir cette démarche et de collaborer avec la Maison de l’Architecture autour d’un sujet essentiel : penser l’évolution de nos villages et de nos paysages en conciliant développement, qualité de vie et préservation de notre environnement.


La presse en parle :

https://www.francebleu.fr/emissions/mag-redac/urbanisme-et-climat-des-etudiants-en-architecture-travaillent-sur-la-pieve-du-taravu-ornano-3104265